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Les conduites alimentaires de demain : en France, horizon 2025

Pour aider les acteurs de la filière alimentaire, notamment les TPE et PME, à anticiper les transformations des comportements, le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, associé à plusieurs partenaires, a commandé une étude prospective à l'horizon 2025. Elle a été réalisée par Blezat Consulting, le Crédoc et Deloitte Développement Durable. L’étude identifie 16 tendances et décrit leurs impacts probables, ceci afin de faciliter le passage de la question « Que peut-il advenir ? » à la question « Que faire ? ». Trois exemples de « Tendances et impacts » sont présentés ici. 

L’objectif de cette étude n’était pas de « prédire » les consommations alimentaires des Français dans 10 ans, mais de distinguer les grands mouvements en cours et les principales dynamiques. Il s’agissait d’identifier les évolutions des conduites alimentaires partagées par tout ou partie de la population, que ces tendances soient structurelles ou, au contraire, seulement émergentes.

Alimentation, santé et bien-être

Cette première tendance recouvre les démarches adoptées par une partie des consommateurs qui visent à préserver leur santé ou à améliorer leurs performances et apparence physiques. Elle se décline en plusieurs sous-tendances qui connaissent des dynamiques distinctes : recherche d’aliments allégés ou sans allergènes, quête d’une alimentation fonctionnelle – c’est-à-dire à base d’aliments enrichis à fonction nutritive ciblée – et engouement pour les possibilités liées aux avancées nutrigénomiques. Si cette dernière sous-tendance est émergente et devrait se déployer dans les 15 prochaines années, à l’inverse, celle des pro-duits allégés perd du terrain depuis le début des années 2000 au profit de produits « naturels » ou « sans ». En termes d’impacts, on peut retenir le développement de produits santé spécifiques (exemple : enrichis par des nouveaux ingrédients) ou repensés (réduction du taux de sel, de sucre, etc.), celui des marques multi-produits à destination des seniors, ainsi que la nécessité croissante de mieux informer les consommateurs. Cette information pourrait passer par la mise en avant de gammes, recettes, produits « santé » ou par l’extension des allégations« santé ». On peut enfin souligner l’essor du « coaching nutritionnel », y compris par des acteurs extérieurs à la filière, tels que les mutuelles et les assurances.

Digital et alimentation

Même si elle s’appuie sur des évolutions sociétales et technologiques fortes, cette tendance est encore émergente dans les consommations alimentaires. Recherche et partage d’informations, achats, livraisons à domicile : elle se manifeste pourtant déjà à travers différents comportements des consommateurs et pourrait s’amplifier dans les années à venir. Elle est favorisée par plusieurs facteurs la digitalisation et le nomadisme (personnes de plus en plus mobiles), l’individualisation et la réduction du temps consacré à l’alimentation. L’étude distingue trois sous-tendances : le développement de nouvelles pratiques d’achat visant la praticité et le gain de temps (click & drive et click & collect) ; la progression de l’alimentation connectée à partir de l’utilisation de données personnelles (appareils électroménagers intelligents, scanners et emballages connectés) et enfin la multiplication des réseaux sociaux et des sites prescripteurs. Les impacts mis en évidence sont multiples : évolution des modèles économiques des circuits de distribution, dont la remise en cause du modèle de la distribution physique et l’arrivée de nouveaux acteurs (e-commerce), l’évolution de la livraison à domicile et la désintermédiation, ou encore la collecte et la valorisation d’une masse croissante d’informations sur les consommateurs. On peut aussi retenir l’intérêt, pour les artisans, d’exploiter la géolocalisation de certaines applications en tant qu’acteurs de proximité, de développer la livraison (produits, repas) ou encore d’utiliser de nouvelles marketplaces (sites marchands regroupant plusieurs annonceurs). Des portails pourraient également être développés à l’échelle régionale, voire nationale, en mutualisant les coûts.

Alimentation durable

La tendance au « durable » est issue de mouvements sociétaux forts, qu’il s’agisse de la prise en compte croissante de l’environnement ou des préoccupations des individus pour leur santé et pour une rémunération plus juste des acteurs de la filière agricole. On distingue, là encore, des sous-tendances : un « plébiscite » des produits respectueux de l’environnement, la recherche d’aliments moins emballés ou dont les emballages sont recyclables ou biodégradables, la recherche d’une alimentation « plus naturelle », moins carnée et intégrant plus de protéines végétales, le développement du commerce équitable et local, ainsi que de nouvelles pratiques de consommation collaborative. En matière d’impact, pour le commerce de gros, peuvent être citées de plus grandes difficultés d’approvisionnement en certains produits, par exemple ceux issus de l’agriculture biologique française. Pour les entreprises de la logistique, les circuits d’approvisionnement pourraient être touchés, avec des changements de fournisseurs, pour répondre à la demande d’ingrédients issus de l’agriculture biologique, équitable, labellisée, etc. Quant au transport des matières premières et des produits, il devrait être amené à réduire son impact environnemental. Enfin, pour les entreprises de la transformation, on peut citer l’évolution des produits dans le but d’intégrer des ingrédients plus durables ainsi que la généralisation de l’éco-conception. De nouveaux process permet-tant une meilleure conservation des produits agricoles bruts et la réduction de la consommation de ressources (énergie, eau, emballages, etc.) sont également à compter parmi les implications probables de cette tendance.

14/11/2017


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